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Florence Evan
À propos de moi

Tous les mois un auteur viendra nous parler de son livre et des coulisses de sa création…

J’ai toujours travaillé dans l’organisation et la mise en place des choses essentielles aux autres. Née en 1970 d’une mère danseuse classique et d’un père politicien il était évident pour moi de partager cette passion des lettres et qu’en quelques gambades, elles s’appellent des mots. De belles rencontres pailletées ont écrit juste la préface d’un livre dont les chapitres se lisent au fil de mes voyages colorés par le transculturel.

Aujourd’hui, il est bon de partager avec vous les songes en restant éveillés sur d’autres aventures ! J’ai ouvert ce blog au moment où la vie m’en a donné la clef, celle qui j’espère ouvrira aussi vos tiroirs remplis d’histoires aussi merveilleuses les unes que les autres !

« Lire, c’est avoir de l’esprit jusqu’au bout des doigts. »

Quand on aime lire, on aime écrire, je vous confie quelques lignes de mon roman.

[…] Posée à une table de la cafeteria, sous une climatisation qui fournit la file active des patients en ORL, seule devant ma tasse de café, je suis interpellée par une jeune femme en blouse blanche…  » Ah ! Enfin je peux vous parler ! » Ma tête est ailleurs, ma vue brouillasse, mais qui c’est celle-là ! Je ne peux m’empêcher de fixer cet homme à l’autre bout de la salle, accompagné d’une vieille dame… 

La blouse blanche désarticulée et de toute évidence peu aimable s’invite à ma table… »dites-moi ? Vous ne répondez pas à mes mails ! Vous m’avez réduit mes temps de consultation de dix minutes ! Je fais comment maintenant ? Et puis, je ne fais que les membres supérieurs, vos équipes m’envoient des genoux !  » Mais qui est cette greluche ? Un des Médecins dont je gère les consultations manifestement…

Je tente le plus discrètement possible de lorgner son badge rouge De Médecin Senior…en vain ! Sauvée par les appels incessants de mon téléphone professionnel, je la salue et lui promets de mettre en place une souplesse sur son planning.

Allo ? Ah Chéri c’est Toi ! Tu viens de me sauver ! Les clefs ? Ben .. dans le frigo… je te rappelle… » Aucune autre solution pour sortir de cette salle que de passer devant cet homme qui câline, probablement sa douce mère. 

Si je fais marche arrière, je retourne dans l’opulence de cette chirurgienne, dont il faudra bien que je retrouve le nom ! Ma tête tourne, pourvu qu’il ne me reconnaisse pas; j’ai La mâchoire serrée, je tremble, j’essaie d’enlever mon badge, je tire sur le cordon bleu Urgences pour aller plus vite… non, il ne faut pas qu’il me reconnaisse, non, au fond de moi je sais ce qu’il va penser, ce qu’il va me dire. Il y a trente ans, en chantant du Montand, ses dernières paroles ont été : « Au revoir Bella »…, puis il disparut, sifflotant « A bicyclette » …

Les images défilent, une nostalgie m’envahit, puis je me reprends, me stimule, j’essaie de tout remettre en ordre. 

Je suis là, j’adore mon travail, mais SI ! J’adore mon travail ! Je croise un costume sombre, bel homme, froid, parce que l’institution le veut, je ne l’apprécie pas; un Directeur parmi tant d’autres qui joue au Directeur… il ne sait pas qui je suis, il croit le savoir… s’il savait ce con ! Puis, en vient un autre, sur la même cadence, c’est l’heure ! L’heure où ils arrivent tous, faisant semblant de s’entendre afin de mieux placer une kabbale pour s’assoir dans le fauteuil de l’autre. Des peignes cul qui n’ont pas la moindre idée que je vois à travers leur transpiration, leur avidité. Je rase les murs louvoyant du regard. Pourvu qu’il ne me regarde pas. Je jette un coup d’œil furtif vers sa mère. Elle a bien vieilli cette petite dame. Comme c’est beau qu’il puisse s’occuper d’elle. Quelle chance, moi je ne peux plus. Ma danseuse de mère s’en est allé en peu d’entre chats ! J’arrive enfin devant la sortie, bloquée par l’unijambiste en fauteuil roulant ! La star de cet hôpital depuis dix ans ! (je l’ai connu moins gangrené, son diabète l’ayant caramélisé !). 

Mais il va me faire griller ce bougre ! Me voilà obligée en tant que personnel bienveillant de le hisser jusqu’à sa table ! Mais quel lourd celui-ci ! Un autre jour, j’aurai tellement apprécié aider ce pauvre homme … mais Là, franchement c’est pas le moment! Je me faufile entre le bar à salades et le coin presse, quand tout à coup, ma tension me rappelle à l’ordre avec ce petit claquement de l’oreille interne qui m’envoie un sifflement que seul les stressés pathologiques connaissent !  » Flo !!???? »  » 

Oh ! Ma Flo, ma bella, mais qu’est-ce que tu fais Là ? En blouse blanche ? Tu tournes un film ? C’est ça ? » Inutile de préciser que je suis connue dans cet hôpital autant que la Tour Eiffel à Paris ! Me voilà enlacée par ce bellâtre sexagénaire, qui a eu son heure de gloire entre les rings et la caméra, devant une tripotée de Médecins qui sont les ténors des ronds de jambe afin d’obtenir la  visibilité exagérée dans l’univers de la consultations  !  » Viens voir La Mama, raconte-moi pourquoi t’es déguisée… ! » […].